Il y a le geste, calculateur et réfléchi, celui de lintention première-primaire ; un mouvement du corps qui sarrête et se fixe pour capter un morceau despace, un espace temps.
Il y a le choix et sa cohorte dimprévus. Un peu de hasard, dinconscience, daccidents et la photographie devient une entité propre. Une image qui vit et devient sienne dans chaque conscience. Collectivement ou individuellement elle nous transporte et nous interpelle, cest le but premier de notre intention.
Quest ce qui peut procurer la sensation de mouvement à travers une image fixe ? Le mélange dune perception précise et dune imprécision des contours.
La recherche dune visibilité à travers un champ obscur est une indication de mouvement. Cette mécanique physique de lacuité rétinienne nous indique un déplacement de lobjet. Cest dans cette direction que ma mené ce travail.
Le mouvement de va et vient entre le flou et le net lorsque lacteur se meut devant la caméra fait redoubler lattention du spectateur. La recherche du point de netteté sur lécran demande au spectateur un effort de focalisation. Lil saccroche au mouvement et fait corps avec. Dans un espace temps très rapproché, la pellicule nous montre deux plans distincts ; un visuellement " propre " et un autre " brouillé ". Le cerveau stimulé par cet effet se concentre de manière à ne pas perdre dindice. Ces passages indéfinissables amplifient leffet de mouvement, ils sont synonymes dalerte. Cest cet effet visuel que jai cherché à créer. Les deux étapes étant " reliées " sur un même plan. Sur un photogramme, le net et le flou pour donner la sensation que mon image nest pas tout à fait fixe, deux prises de vues dà peu près le même champ et le regard qui cherche si limage se meut.
Emile Hypérion Dubuisson
|
|