görkem unal


email : gorkemli@gmail.com

site : www.parisphotographique.org

date : 09/2006

Ce qui m’intéresse, c’est la rencontre de deux inconnus: soi et la ville. Lorsqu’ils sont dépouillés de tout préjugés, de définitions et d’attentes, cette sensation de familiarité qui brouille nos perceptions. Lorsque tout apparait pour la premiere fois, imprévu; spontanné; clair et sincère. Je ne sais pas où je me dirige, ce que je vais y trouver; ce que je vais trouver en moi. Je me tais. Je fais le silence en moi. J’écoute. La ville parle. Dans un soupir d’abord, j’ écoute avec attention. Alors elle se met à chanter. Quelque fois, elle pleure. J’enregistre en instantanés. Je suis prête mais je ne suis pas à l’ affut. Je ne recherche pas quelque chose, je suis à l’écoute de tout ce qu’elle peut m’offrir. Je sais que cela ne vient pas en cherchant. Comme rien d’ailleurs. Sincèrement, je ne peux pas prétendre connaître la ville, ni moi-même. J’enregistre une histoire. Je suis un écrivain sans intrigue. L’histoire ne viendra pas sans improvisation. Je dois me mettre de côté. Je dois laisser parler mes sensations, mon instinct. Je laisse filer mon instinct. Je me promène. A travers la ville, les cafés, les gens. Ses monuments ne m’intéressent pas, tout ce decorum. Je veux la vérité. Je veux comprendre. Par le viseur, l’obturateur, d’un mouvement d’index, j’apprends. Ce qu’elle m’apprend, ne nous appartient pas, pas plus à moi qu’à elle, la vérité n’appartient ni à un lieu où une personne, elle est partout. C’est ce qu’elle me dit. Ce que l’exil me dit. Encore et encore.

Görkem Ünal est une photographe de l'humain. Même lorsque son sujet est la ville. Avec un rapport frontal, portraitiste, à l'objet, elle suggère solitude et dynamisme de l'exil. Stambuliote de naissance, newyorkaise d'adoption et parisienne de coeur, elle restitue cette matière charnelle commune à tous les habitants de mégalopoles, les réflexes sentimentaux et les nouveaux instincts de l'homo urbanis. Elle découvre et révèle l'espace des paysages urbains comme des silences dans une conversation. Soupirs ou gêne, un ange est passé. Laurent Brifo


Collabore régulièrement à Harper’s Bazaar, Elle Décor, Time Out, DediCate… Dernière publication: Paris (01) – éditions La Derniere Pluie


What intrigues me is the encounter between two unknowns. A self and a city. Both by definition stripped naked to the core. Stripped of preconceptions, from lables and expectations that is the fog called familiarity. Where everything is a first time, unplanned, spontaneous, clear and sincere. I don’t know where I’m going, what I am going to find there; what I am going to find within myself. I am silent. I silence myself. The city speaks. First in a whisper, I have to listen closely. Then it sings. Sometimes, if it’s in her, she screams. I record with snapshots. I am ready, but I am not a hunter. I am not after anything, I am after everything she will offer me. But I know that it doesn’t come by searching. Nothing comes by searching. I have to be honest. I don’t know this city, nor do I know myself. I record a story. I am writer without a plot. There will never be a story unless I learn to improvise. I have to shut myself off. I have to open my senses, my instincts. My insticts guide me. I wander. Through the streets, through cafes, through people. I am not interested in her monuments, in her decorations. I want the truth. I want to understand. Through the viewfinder, between the shutter and my index finger, I learn. What she tells me, doesn’t just belong to her or to me; truth does not belong to a particular place or a person, it is omnipresent. That is what she tells me. What exile tells me. Over and over.






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