perrine lacamp


email : perrinelacamp@yahoo.fr

site : www.parisphotographique.org

date : 09/2006


« Si seulement, en un clignement, je pouvais prendre des photos avec mes yeux … »

Vision. Visualisation. Mouvement de l’index. Réalisation. Bonheur.

Il m’est impossible de prendre une photo sans l’avoir « vue ». Elle m’apparaît alors comme une évidence, la composition se fait d’elle-même ; avant même d’avoir à jamais figée l’image, je sais déjà que la photo sera réussie.

Seulement il y a le boîtier. Avec son objectif.
L’objectif du boîtier n’est pas forcément le vôtre : le premier est visible, alors que le vôtre est justement de vous faire tout petit pour tenter l’invisibilité !

Vous vous faites remarquer à cause de lui et pourtant sans lui, vous ne pouvez rien faire. Il faut parfois se cacher pendant des heures pour saisir l’instant, le regard qui vous fera vibrer - c’est un sentiment à la fois de folle liberté et de douce aliénation. L’étrange paradoxe du photographe handicapé par la trop grande visibilité de son appareil… Paradoxe ambulant suis-je moi-même…


Shooter, dégainer, mitrailler, déclencher, capturer… drôle de champ lexical pour une passion pacifique, non ?

Cette passion, je l’emmène partout dans mes périples latino-américains : mon CANON est une arme de charme, il procure du plaisir au même titre qu’un sourire…
L’Argentine m’a donné le goût de l’argentique, le Pérou a eu la faveur de mes flous, le Mexique m’a rendue excentrique, et le Guatemala m’a laissé quoi. Et puis le Chili, la Bolivie… mais surtout Paris !


Alors voilà. Le voyage est omniprésent pour celui qui sait le voir, le sentir, le vivre, le débusquer et le respirer…
La machinerie d’un train perdu dans un canyon de cuivre mexicain peut évoquer, par la vivacité de son rouge, le bus guatémaltèque duquel deux adorables petites têtes semblent vouloir s’évader, tels deux inconnus en plein quartier exotique de Paris passant, sans même le remarquer, l’arc en ciel d’un rideau de fer dont le métal nous ramènera à la séparation sexuelle de la condition humaine symbolisée par le petit coin d’une rue de San Luis Potosi….

Effet boule de neige de l’esprit et de l’imagination de l’esthète ? Lien étroit entre formes, matières, couleurs, peaux, attitudes.

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